En vue
Expertise
Le mécénat de compétences, une démarche qui a du sens
À travers le mécénat de compétences ou le bénévolat, il est possible de mettre son expérience au service d’une association. Au sein du Fonds mondial pour la nature (WWF), trois personnes : Lionel Roy (An. 181), Jacques Peltier (An. 181 – Bo. 182) et François Stickel témoignent de cet engagement, décrit comme riche et constructif sur le plan humain.

 

 POINT DE VUE DE JEAN-BAPTISTE MICEWICZ (CL.177)

Un peu d'introspection salutaire
De quel alliage sommes-nous faits ? Comme en écho à la thématique « Quel ingénieur êtes-vous ? » développée dans notre précédente parution(1), notre chroniqueur Jean-Baptiste Micewicz (Cl. 177) nous propose de réfléchir plus généralement à l'influence de nos gènes gadzariques sur notre engagement dans la vie de la cité.
Quand la communication défie la raison
Les technologies modernes encouragent l'infobésité, et nos cerveaux saturés sont à la peine pour distinguer le bon grain de l'ivraie au royaume de la communication… où s'insinuent intelligence artificielle, utile ou inutile, vrai ou « fake », réel ou virtuel. Elles dérangent notre intellect et modifient nos comportements. Plus que jamais, le discernement, forgé par l'éducation et l'expérience, demeure le recours des hommes.
Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité, de Jean-Léon Gérôme, huile sur toile, 1896.
Quand l’IA supplantera l’IP
Notre chroniqueur Jean-Baptiste Micewicz (Cl. 177) s’alarme, cette fois, des potentiels méfaits sur l’esprit humain de l’intelligence artificielle, qui pourrait former, à terme, une autre IA, l’imbécillité addictive.
Le gnou et le scorpion
Un gnou esseulé, las de sa course et frissonnant d’inquiétude, contemplait indécis la large rivière agitée et profonde qu’il devait traverser pour trouver sa pitance de l’autre côté. Vint un scorpion, qui timidement entama la conversation tout en restant prudemment à quelque distance des sabots destructeurs de l’animal. «Ô beau gnou, toi qui es fort et qui peux traverser sans encombre ce fleuve tumultueux, conçois comme il m’apparaît effrayant, à moi qui ne suis rien du tout devant la force des éléments! Je me noierai si j’ose m’y aventurer seul, et je serai avalé, avant ou après d’y mourir, par un crocodile. Toi, tu sais traverser et tu ne les crains pas. Vois comme j’ai besoin d’aide! Accepterais-tu de me prendre sur ton dos pour me transporter au sec jusqu’à l’autre rive? 
Les vieux ont toujours tort
Il faut toujours regarder la jeunesse avec bienveillance. Elle peut nous étonner, nous choquer aussi lorsqu’elle profère des jugements hâtifs ou fait preuve de désinvolture. Mais c’est oublier un peu vite que les moins jeunes ont le devoir d’exemplarité. Faites ce que je dis, pas ce que je fais», tel est le terrible contre-adage qui se vérifie trop souvent. Notre génération et la précédente ont allègrement pollué la planète, pillé ses ressources et rendu le commerce des objets inutiles indispensable dans les esprits. Ne nous étonnons donc pas que la jeunesse nous reproche notre inconséquence, soit attirée par des actions écologiques violentes ou encore – comble de la contradiction - soit accro aux écrans et aux réseaux sociaux.  
TRIBUNE DE MICHEL HARMANT (CH.161)

Vers l’extinction des Lumières ?
Certains analystes interprètent les mouvements d’idées de notre époque comme des signaux nous faisant passer d’une société moderne à une société « postmoderne ». L’émergence d’aspirations à l’autonomie, apparues à la fin des années 1960, avec la montée de l’individualisme, connaîtrait aujourd’hui, selon eux, une continuité dans le « wokisme ». Mais, dans le wokisme, les Lumières n’éclairent plus. Au XVIIe siècle, en France, elles avaient pris le relais de la Renaissance en achevant de reléguer l’héritage moyenâgeux dans les ténèbres de l’obscurantisme aggravé par une hiérarchisation conservatrice de la société. Il s’agissait, dans un élan libérateur, de faire éclore un individu nouveau, « rationnel et autonome ».
La magie de la narration
Pour rendre sympathiques des mesures ou des perspectives ordinairement inacceptables, il faut avoir recours à la magie du discours lénifiant.
Devoir d’ingérence
Parmi les devoirs dont les ingénieurs se sentent investis, le plus difficile à remplir est peut-être celui d’ingérence dans les affaires publiques. L’ingénieur est un créateur. Il invente, met au point, perfectionne des procédés destinés à produire des biens à l’usage du public, répondant à un besoin. Les besoins sont définis à un moment donné, dans un contexte social, politique, géographique donné. Leur utilité est reconnue par une ou plusieurs autorités chargées de servir l’intérêt général. Tout jugement sur le bien-fondé de ces besoins, sur la manière dont ils ont été exprimés, ne fait pas partie à priori des prérogatives de l’ingénieur. 
Effort et vérité
L'économie circulaire est un concept séducteur. Pourtant, elle n'a de sens que si elle s'accompagne de mesures de sobriété énergétique.
Talents et liberté
La quête de la liberté est un attribut de la nature humaine, mais chercher la liberté au bout du tunnel en détournant ses yeux du réel expose au risque de n’y trouver que les désillusions d’un individualisme tyrannique.
Les experts ont la parole

 

Expertise
Le bon sens pour boussole
C’est à la tête des usines françaises du groupe suédois Esselte, spécialisé dans les articles de bureau (hors papier et informatique), que Gérard Jandin (Ch. 170), aujourd’hui conseiller dans la transformation des organisations, a mis au point un mode de gestion qui se rapproche de «l’entreprise libérée». Entretien avec un manageur atypique qui a appris le management sur le terrain. 
Expertise
Le thinktank Arts&Métiers vient de publier un rapport «ingénieurs et santé »
L’innovation technologique révolutionne la santé. Le secteur des "medtechs" se développeà grande vitesse, notamment en France. Soigner n’est plus du seul ressort des médecins: les ingénieurs jouent désormais un rôle...
Dans la bibliothèque de la rédaction 

 

Comprendre la physique des flux industriels
Maitriser les flux industriels est une préoccupation majeure des entreprises. Et pourtant, leur fonctionnement reste trop souvent mal compris des managers. Xavier Perrin, expert reconnu de la chaîne logistique et des flux industriels expose à travers son livre, une approche pragmatique.

La collection « Précis » bientôt en version électronique
Régulièrement réédités, les ouvrages de la collection « Précis » se sont écoulés à plus de 600 000 exemplaires depuis les premières publications. Jean-Pierre Trotignon (An. 167), l’initiateur de cette collection, a convaincu les deux éditeurs, Nathan et l’Afnor, de la publier également en version électronique.

AGROALIMENTAIRE
De l’HACCP à l’ISO 22000 – Management de la sécurité des aliments
Olivier Boutou, Afnor Éditions, mai 2023, 420 p.
La réglementation relative à la sécurité alimentaire s’est complexifiée au fil du temps. La quatrième édition de cet ouvrage y apporte un peu de clarté. Après un court rappel des fondamentaux (sur les micro-organismes, les toxi-infections, etc.), l’auteur revient sur les principes généraux de l’hygiène alimentaire, servis notamment par le Codex Alimentarius établi en 1969 (bonnes pratiques pour une production d’aliments sûrs et salubres). En 1993, le « Codex » a été enrichi du système HACCP qui traite de l’analyse des dangers et points critiques pour la maîtrise de la sécurité alimentaire. Parce qu’elle était interprétée de façon différente selon les intervenants du secteur agroalimentaire, la conception de l’HACCP a divergé. Devant la multiplication des normes nationales et des standards privés est née de la confusion. Des travaux de normalisation ont démarré en 2002 (ISO 22000) dans un souci d’harmonisation. Malheureusement, celle-ci n’a pas encore été atteinte. Qu’à cela ne tienne, ce livre aidera tous les professionnels de l’agroalimentaire – de l’agriculteur au distributeur – à faire face aux exigences d’une alimentation sûre.

BUREAU D’ÉTUDES
Organiser et structurer la conception – Principes, méthodes, outils et cas pratiques
Cyril et Louis Bertheaux, Afnor Éditions, juin 2023, 330 p.
Qui peut le plus, peut le moins. C’est ainsi qu’il faut aborder ce livre complet sur l’art de la conception (art au sens d’« ensemble des procédés, des connaissances et des règles intéressant l’exercice d’une activité » [cf. Larousse]). Aucun domaine relatif à la conception n’échappe aux auteurs : industrie, mécanique, génie civil, numérique et environnement… autant de sujets précédés par les thèmes de l’organisation et de la structuration de la conception. Le tout est fondé sur des bases et des références produites par l’Afnor ou l’Ademe. Cela offre la possibilité au lecteur d’aborder ce livre par n’importe quel bout – selon ses centres d’intérêt ou son niveau de connaissance. Pour finir, les explications, renforcées par des tableaux synthétiques ou des témoignages, colorent l’œuvre d’une note pratique et pédagogique. Le but des auteurs (permettre au lecteur d’acquérir les réflexes nécessaires au métier de concepteur par itération, connaissances détaillées, méthodologies et outils, notamment numériques) est atteint.

TÉMOIGNAGES
Notre santé est en jeu
Florence Boulenger et David Ghesquières (Li. 192), Vuibert, mai 2023, 160 p.
Écoutons-les enfin ! Pas moins de 34 professionnels de la santé – soignants, administratifs et représentants associatifs – ont témoigné auprès de Florence Boulenger (journaliste) et de David Ghesquières (consultant spécialisé dans le secteur de la santé). Leurs constats sur un système de santé à la dérive comme leurs idées pour redonner du sens à l’acte de soigner ont été réunis ici. Tout ou presque est dit, en moins de 160 pages, sur la désertification médicale de certaines zones, rurales comme périurbaines ; la saturation des services psychiatriques ; les souffrances en Ehpad ; les lourdeurs administratives déresponsabilisantes ; le malaise des soignants… N’oublions pas les propositions pour refaire un système de santé français plus efficace. Cela passe, par exemple, par une plus grande autonomie des hospitaliers face à leur administration, par une plus grande responsabilité du personnel non médical ou par le recentrage des politiques publiques de soin sur les malades.

SOCIÉTÉ
Travailler à l’ère des IA génératives
Jérémy Lamri, Gaspard Tertrais et Aurora Silver, Éditions EMS, coll. « Management et société », juin 2023, 160 p.
Sur ce livre, il y a autant à dire sur la forme que sur le fond. En effet, il a été écrit à 85 % par Aurora Silver, une autrice fictive née d’une intelligence artificielle (IA) générative. Les auteurs expliquent en détail leur démarche et leur méthode en fin d’ouvrage dans l’annexe « Comment écrire un livre avec des IA génératives en 2023 ». Ils soulignent que cet exercice est aujourd’hui possible à condition que les humains (qui coordonnent ce travail) disposent d’une méthodologie claire, d’une rigueur sans faille, et connaissent bien le sujet choisi afin de poser les bonnes questions à l’IA et d’en vérifier les réponses. Ils donnent ici la preuve qu’un programme informatique permet d’automatiser certaines tâches, notamment rédactionnelles ou illustratives. Les dessins ont également été créés par une IA. « Mais qu’est-ce que cette puissance soudaine signifie pour le travail ? » : c’est la question de fond à laquelle répondent nos auteurs. « D’un côté, [ils] tentent de comprendre comment les organisations peuvent tirer parti de ces avancées technologiques […] et, de l’autre côté, d’appréhender les défis auxquels sont confrontées les entreprises et la société. » Suivent des recommandations et deux récits façon Black Mirror, un noir et un blanc. Il appartient aux humains d’écrire la suite de l’histoire.

RESSOURCES HUMAINES
L’IA au cœur de l’entreprise – Une alliée pour votre stratégie RH
Emmanuelle Blons, Éditions EMS, coll. « Management et société », avril 2023, 198 p.
Les ressources humaines (RH), comme d’autres départements de l’entreprise, ont déjà adopté l’intelligence artificielle. Les domaines qu’elles ont investis relèvent de la présélection des futurs recrutés (identification des profils, par exemple sur LinkedIn), de la formation personnalisée via des programmes d’apprentissage sur mesure, du suivi de tâches de gestion, etc. Grâce à l’intelligence artificielle, les manageurs peuvent identifier les bons éléments « en quête d’ailleurs » afin de tenter de les retenir, etc. Mais mal programmée ou mal utilisée, l’IA peut créer des problèmes, voire les amplifier… là où il n’y en avait pas. L’autrice éclaire les lecteurs sur ce point capital par sa compréhension intime du sujet. Dernier paramètre dont les chefs d’entreprise doivent tenir compte : l’IA est en constante évolution. Il faut donc être à l’écoute de ses changements.