Point de vue / Idées
LE MOT DE LA VICE-PRÉSIDENTE INTERNATIONAL, PROJETS ET RSO

LE MOT DE LA VICE-PRÉSIDENTE INTERNATIONAL, PROJETS ET RSO
Plus de femmes
pour une meilleure représentativité
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Par Valérie PRULHIERE (Li. 187)
Publié le 2024-06-07
En 1964, Nicole Laroche (Li. 164) était la première femme à intégrer les Arts et Métiers. Elle a ouvert la voie et, soixante ans plus tard, le nombre de filles qui intègrent notre École a heureusement progressé. Cependant, on peut objectivement qualifier cette progression de lente. La part de filles qui entrent aux Arts reste en dessous de la moyenne des écoles d’ingénieur post-bac et post-prépa confondues qui est d’environ 28 %. Nous avions atteint un taux de 17 à 18 % de filles dernièrement, mais la réforme du baccalauréat de 2018 a eu un effet désastreux sur la population lycéenne féminine, qui ne choisit plus suffisamment les enseignements scientifiques (on pourrait écrire un article complet sur ce sujet). Sur les dernières promotions entrées aux Arts, les chiffres sont plutôt entre 15 et 16 % de filles. Ces constatations amènent à multiplier les opérations de promotion des métiers de l’ingénieur (PMIS) et celles des Arts et Métiers (PAM), en favorisant notamment des rencontres avec des femmes ingénieurs. En effet, il est primordial que les filles, dès le collège et le lycée, puissent se projeter dans nos métiers et, pour cela, elles ont besoin de voir et d’échanger avec des modèles féminins.
 
Nous devons aussi montrer l’exemple en tant que plus grande alumni des écoles d’ingénieur. Les chiffres actuels indiquent que les femmes Gadzarts représentent 11,5 % des sociétaires.
 
Si l’on regarde nos instances, je suis la seule femme au bureau de la Soce. Au conseil d’administration, nous sommes deux sur un total de 24 sièges. Au comité, nous sommes deux pour 60 places. Vous l’avez compris, je suis l’élément commun aux deux entités, ce qui fait un total de trois femmes pour les instances de gouvernance de notre association, c’est-à-dire une représentativité de 3,6 % : nous sommes loin des 11,5 % de femmes qui sont à la Soce, et encore plus loin des 15 à 18 % de jeunes filles qui entrent à l’École.
 
Sans vouloir noyer cet édito sous les chiffres, on peut juste ajouter qu’il y a deux femmes parmi les présidents des groupes professionnels (GP) et six femmes présidentes d’un groupe territorial (GT), sur 149 groupes répertoriés, internationaux compris. Seules les promotions tirent leur épingle du jeu puisque c’est au sein des DDP (délégués de promotion) que nous avons la meilleure représentativité féminine.
 
La conclusion est qu’il est temps de travailler tous ensemble pour accorder la représentativité de notre association à la composition de nos membres avant de tendre idéalement vers un accord avec notre population étudiante. De même que la mixité dans les Comex apporte beaucoup aux entreprises, nos instances ne pourront que bénéficier de cette présence féminine plus affirmée. Nous devons collectivement faire l’effort d’aller solliciter des femmes Gadz pour prendre des postes au sein de la Soce. Je ne dis pas que ce sera facile, ce n’est déjà pas facile de trouver un successeur, alors une femme ! Mais nous ne pouvons pas ne pas essayer.
 
À l’automne prochain, pour confirmer cette volonté, la Soce signera la charte « Mixité » de l’association Grandes écoles au féminin (GEF). Nous n’avons d’autre choix que de relever ce défi de mixité pour que toutes les femmes Gadzarts se sentent représentées par nos instances de gouvernance et puissent ainsi contribuer avec fierté et justesse au rayonnement de notre Communauté.
 
De même que la mixité dans les Comex apporte beaucoup aux entreprises,
nos instances ne pourront que bénéficier d’une présence féminine plus affirmée.