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Thibault Sola (An. 219)


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Thibault Sola (An. 219)

Officier et gentleman

Si Arts et Métiers constituait pour lui une évidence, se situant dans la droite ligne familiale – son grand-père, Guy Durand (Li. 166), lui en parlait depuis son plus jeune âge –, Thibault Sola (An. 219) n’était en revanche pas programmé pour faire carrière dans l’armée. C’est pourtant au sein de la grande muette, en tant que chef de l’antenne de maintenance sur la base aérienne de Nancy (Meurthe-et-Moselle), que ce sympathique et volubile jeune ingénieur s’épanouit.

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Par Christophe Duprez
C’est en effet « par hasard », en consultant les spécialisations proposées par l’école, qu’il tombe sur le cursus militaire. Lequel combine nombre d’éléments qui l’attirent : le BTP, à travers le rattachement au service Infrastructure de la défense, un côté pratique et touche-à-tout, la possibilité de manager rapidement et, cerise sur le gâteau, la découverte d’un monde dont il ignore tout.
FULL METAL BOQUETTE
Le concours en poche, il passe donc un oral de motivation qu’il réussit et, en lieu et place de la première année traditionnelle, est envoyé dans la Creuse effectuer ses classes avec les polytechniciens. Il part ensuite à l’école d’officiers de Saint-Cyr, qui le forme à la fonction de chef de section. Il rejoint ensuite le premier régiment de chasseurs de Verdun où, durant six mois, il encadre des troupes, organise la mission Sentinelle et participe, dans le Sud, à une campagne de tirs au sein d’un escadron de chars.
Au terme de ces douze mois, il intègre Angers pour trois ans, seule école à proposer, en partenariat avec le ministère des Armées, la spécialité IGDC (ingénierie et gestion durable des constructions) orientée bâtiment et marchés publics.
Devant effectuer son stage de fin d’études obligatoirement dans la construction, il décroche un poste de conducteur de travaux chez Eiffage, à Lyon. Il se consacre à la réfection d’un bâtiment du campus de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) : rénovation thermique, réfection des façades et de l’ascenseur, climatisation, ventilation… Un poste qui lui permet de toucher à tout et dont il garde un très bon souvenir.
BÉTON, ARMÉE
À la suite de sa soutenance, Thibault Sola (An. 219) bénéficie d’une formation complémentaire d’un mois à l’École du génie, à Angers (Maine-et-Loire), où il approfondit les trois types de postes – théoriquement au choix – qui l’attendent : conducteur d’opération (maître d’ouvrage), conducteur de travaux (maître d’œuvre) et expert en ingénierie de la maintenance. Formation qui va particulièrement lui servir puisque sa première affectation est chef de section conduite d’opération/maîtrise d’œuvre couvrant… ces trois domaines ! Il rejoint ainsi la base ALAT (aviation légère de l'armée de terre) de Phalsbourg (Moselle), au sein d’une petite unité. « En tant que chef de la cellule de production de travaux, je coiffais une équipe de quatre personnes capables d’effectuer chacune de ces tâches. »
Au bout d’un an, il est nommé à la base aérienne de Nancy (Meurthe-et-Moselle) où il se trouve toujours, les mutations se déroulant généralement tous les trois à cinq ans. En tant que chef de l’antenne de maintenance, il a sous ses ordres une unité d’une trentaine de personnes réparties par cellules. « En dehors du personnel militaire, je suis également chargé de faire travailler, avec mes conducteurs de travaux, une dizaine d’entreprises prestataires représentant les différents corps d’État. »
Son quotidien est très varié, allant des simples réparations de bâtiments ou de voirie, à la réfection de bureaux, en passant par du désamiantage, de l’électricité… Son équipe a aussi malheureusement dû gérer un crash létal de Rafale afin de dépolluer la zone.
BAGDAD STAFFÉ
À l’été 2025, il est envoyé six mois en opération comme officier infrastructures en Irak, à Bagdad, dans un camp mis à disposition des soldats français par l’armée territoriale pour y former ses troupes. Une expérience qu’il décrit comme « très intéressante » : « Si le travail était relativement identique à celui en métropole, les réglementations et usages étaient complètement différents. Ma responsable était basée à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, et je me suis retrouvé à la fois très autonome et en charge directe de la conduite de travaux, sans le relais habituel de mes conducteurs. » Ce qui le contraint à se replonger dans ses cours et à s’adapter aux spécificités locales, notamment climatiques et culturelles.
Cette diversité de missions attire tout particulièrement ce passionné de BTP. « L’armée me permet de gérer des ouvrages atypiques, allant des ERP [établissements recevant du public] à des sites Seveso de stockage de carburants, en passant par une piste de décollage de Mirage 2000. En attendant, peut-être, une infrastructure portuaire. Or chacun a ses spécificités et ses réglementations, exigeant parfois des formations complémentaires. J’ai la chance de faire de tout et de continuer à apprendre en permanence, avec en prime la possibilité d’exercer un peu partout dans le monde », déclare, enthousiaste, le jeune capitaine qui est tout sauf pressé de voir « la quille » se profiler !

Christophe Duprez
 
Thibault Sola (An. 219)

2022
Stage de fin d’études comme conducteur de travaux chez Eiffage, à Lyon (69)

2023
Chef de la cellule de production de travaux de la base aérienne de Phalsbourg (57)

Depuis 2024
Chef d’antenne de maintenance à la base aérienne de Nancy (54)

2025
En opération comme officier infrastructures dans un camp à Bagdad (Irak)

Photo : © DR