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Le monde de la vision industrielle se donne rendez-vous à Stuttgart


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Le monde de la vision industrielle se donne rendez-vous à Stuttgart

Fin avril avait lieu à Stuttgart l’avant-première de Vision, salon international du traitement d'images qui se tient tous les deux ans et dont la prochaine édition se déroulera dans cette même ville du 6 au 8 octobre prochain. L’occasion de faire un point non seulement sur l’évènement en tant que tel, mais aussi sur les grandes tendances à l’œuvre actuellement dans ce secteur central pour l’industrie.

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Par Christophe Duprez
De l’aveu-même de ses organisateurs, la commercialisation de l’événement 2026 avance bien. Le nombre d’entreprises déjà inscrites est en effet identique à celui des années précédentes au même stade, avec déjà plus de 90% de la surface réservée. « Malgré un contexte de marché délicat, nous sommes sur la bonne voie, sourit Florian Niethammer, directeur de projet du salon. Nous pensons atteindre d’ici l’ouverture le nombre record d’exposants de la dernière édition qui était de 500 et pourrions même enregistrer une hausse de 3% ! »
Pour l’organisateur, cela témoigne de perspectives globalement positives : « Si le marché de l'imagerie et de la vision industrielle reste marqué par de nombreuses fusions-acquisitions qui diminuent le nombre d’exposants potentiels, il demeure très attractif pour les nouvelles entreprises qui constitueront plus de 20% des participants ». Nombre d’entre elles sont internationales : « Seront présents des professionnels de 34 pays qui représenteront deux tiers des exposants. La Chine, qui accroît encore sa présence, demeure la première nation, suivie des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Suisse, de la France et du Japon. » Plusieurs pavillons nationaux seront visibles, notamment la Chine, le Japon, la France (voir encadré) et, nouveaux en 2026, Taïwan et la Suisse.
Un secteur en convalescence, porté par l’international
Le marché se porte effectivement mieux, selon les données présentées par Daniel Seiler, président du conseil d'administration de VDMA Machine Vision, syndicat allemand du secteur qui réalise une enquête chaque début d’année auprès d’entreprises européennes. Il prédit en effet une croissance en 2026 sur le continent, après une période quelque peu anxiogène. « La vision industrielle en Europe affichait une croissance soutenue sur le long terme avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 9%, les années de pandémie ayant été suivies d’un fort rebond. » Or 2023, 2024 et 2025 ont été marquées par un véritable repli. « Du jamais vu, à ma connaissance ». En 2025, elle a ainsi enregistré une baisse de 2% de son chiffre d'affaires, due aux systèmes (-6%) et services (-9%), les composants renouant, eux, avec la croissance (+4%). Dans le détail, 64% des ventes ont été réalisées auprès de l’industrie manufacturière, 59% en Europe, dont plus de la moitié en Allemagne. En revanche, le continent enregistre une baisse de 6% alors qu’elles augmentent dans les Amériques, qui représentent 16% du marché, et en Asie (23%) respectivement de 9% et 3% par rapport à 2024. « L’Europe s’est contractée l’an dernier, déplore Daniel Seiler, la relative dépendance du secteur à l'égard de l'industrie manufacturière locale accroissant les défis à relever pour les professionnels ».
Des raisons d’espérer
Il se veut néanmoins optimiste : « Ces chiffres montrent aussi qu'il existe de réelles opportunités de croissance à l’étranger ». Il demeure néanmoins prudent quant aux futures évolutions : « Nous sommes confrontés actuellement à nombre de défis : crises géopolitiques, perturbation des chaînes d’approvisionnement et, bien sûr, concurrence internationale accrue, notamment en provenance d’Asie et de Chine. Mais pour le moment, la demande demeure soutenue et l’on observe un peu partout une tendance à l’automatisation, accélérée par l’IA ». Ce qui le mène à anticiper une croissance globale de 3% sur 2026 et à croire au retour d’une croissance durable.
« De nombreuses entreprises apparaissent, notamment dans le recyclage et l’économie circulaire, et des technologies comme l’imagerie spectrale, la vision robotique ou les capteurs d’images sont en train de percer », confirme Florian Niethammer. Sans oublier bien sûr l’IA, avec la question des données à laquelle Vision 2026 consacrera un symposium (voir encadré). Face à l’engouement actuel, il tient néanmoins à nuancer : « Si elle s’avère très prometteuse pour certaines applications, de nombreuses tâches continueront à être résolues grâce à des algorithmes de vision par ordinateur, comme par le passé. Au risque de déplaire à certains, elle ne constitue pas LA solution miracle qui change tout. Elle est devenue un concept à la mode qu’il faut remettre en perspective : elle ouvre certes de nouvelles perspectives mais ne va pas tout remplacer. »

Christophe Duprez, à Stuttgart (Allemagne)
 
Un événement des plus animés
De nombreux temps forts rythmeront cette édition 2026.
En plus des traditionnels Vision Awards qui récompensent les meilleures innovations, près de 80 conférences et tables rondes auront lieu sur les trois jours. Au programme : tendances, produits et start-ups.
Des Journées de la vision scientifique permettront aux instituts de recherche et universités d’exposer leurs derniers résultats en R&D.
Des visites guidées et des formations en traitement d’images seront organisées à destination des utilisateurs finaux et constructeurs de machines : « Nous visons plus particulièrement les secteurs de l’aérospatiale, la défense, l’automobile, l’électronique, la fabrication de batteries et les semi-conducteurs. » Certaines sur le thème de la vision et de l'IA seront proposées pour la première fois.
Un espace start-up accueillera une trentaine de jeunes pousses qui présenteront leur savoir-faire et leurs innovations, des capteurs d'image à l'IA, en passant par le deep learning et les systèmes de vision. Un Vision Makeathon sera également lancé : étudiants et jeunes professionnels collaboreront avec les exposants sur des projets concrets de vision industrielle.
Autre nouveauté : le Symposium sur les données synthétiques. « Le manque de données d'entraînement constitue un problème pour développer l’IA dans la vision industrielle, explique Florian Niethammer. Les données synthétiques représentent une solution prometteuse. Cependant, le paysage des solutions est vaste et complexe. Nous apporterons un éclairage sur ce sujet grâce à l'expertise de chercheurs et d'acteurs clés du secteur, tout en partageant les meilleures pratiques dans les domaines de la production et de l'assurance qualité. »
Afin d’encourager les synergies entre salons, Vision se tient traditionnellement en parallèle du Motek, consacré à l'automatisation de la production et de l'assemblage, et Bondexpo, dédié aux technologies de collage. S’y ajouteront cette année deux nouveaux-venus : EFX sur la fabrication électronique, et Quantum Effects sur les technologies quantiques.
C.D.
La France dans le Top 5 des exposants
L’Hexagone aura un pavillon dédié sur cette édition. Organisé en partenariat avec le pôle de compétitivité Aktantis, dédié aux technologies Deeptech pour une transition numérique durable, il accueillera aussi bien des fournisseurs de systèmes et de solutions que des fabricants d'éclairage. « Vous y trouverez toute la gamme de technologies que les entreprises françaises offrent, promet Florian Niethammer. Votre pays a toujours été très représenté sur le salon, notamment dans le domaine des capteurs d’image. La France a une approche très dynamique du marché et fournit des technologies de pointe. » Avec une vingtaine d’entreprises exposantes, dont 17 déjà inscrites* début mai en individuel ou via le pavillon, elle figurera de nouveau parmi les grands animateurs de cette édition.
En 2024, 6% des visiteurs internationaux venaient de l’Hexagone, ce qui le plaçait au 4ème rang des pays hors Allemagne – qui représentait 51% des visiteurs -, derrière l’Italie (13%), la Suisse (9%) et les Pays-Bas (7%).
C.D.

* Abtics SAS, Aktantis (pavillon - p), Ardop Lighting (p), Corning Varioptic SAS, Easii IC, EPIC - European Photonics Industry Consortium, Exosens, i2S - be visionary, Macnica ATD Europe, New Imaging Technologies (NIT), Senssight, Horiba (p), Nexvision SAS (p), Phlox (p), Photon Lines (p), Silios Technologies (p) et Gips (p).