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Estelle Aveza (Ai. 217) - Out of Africa


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Estelle Aveza (Ai. 217) - Out of Africa

C’est depuis Luanda, en Angola, qu’Estelle, Project Manager chez Ortec-Friedlander, a accepté de retracer pour Arts & Métiers Mag les premières années de sa jeune mais néanmoins déjà bien remplie carrière. Itinéraire d’une ingénieure passionnée, dynamique et curieuse.

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Par Christophe Duprez
Après avoir accompli ses deux premières années d’école à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Estelle commence la troisième… par son stage de fin d’études, qu’elle effectue en Australie au sein d’une unité de traitement des eaux d’un chantier en plein cœur de Sydney. Une expérience dégotée avec l’aide d’un archi expatrié et qui confirme son appétence pour ce type de mission. À son retour, elle part accomplir son dernier semestre dans une université partenaire à Budapest, en Hongrie, pour une spécialisation logistique et management. Mais le séjour est écourté : nous sommes en 2020 et le Covid passe par là… Elle finit donc ses études en distanciel et, dès le mois de novembre, intéressée par l’international et le domaine du pétrole et du gaz, elle est recrutée par Ortec, groupe intégrateur de solutions en ingénierie et travaux basé à Aix, notamment implanté en Afrique pour apporter ses services à des industriels possédant des infrastructures offshore. L’entreprise idéale pour cette jeune diplômée qui rêve de travailler sur une plateforme pétrolière.
MADE IN NORMANDIE
Le monde n’en ayant pas tout à fait fini avec le Covid, elle est envoyée comme ingénieure d’exploitation junior dans l’agence de Gravenchon… en Normandie. Une véritable découverte pour cette fille du Sud. Elle va y passer deux années qu’elle qualifie de « passionnantes ». L’agence est en effet dédiée quasi exclusivement à un contrat avec ExxonMobil qui y possède une raffinerie. Elle œuvre au sein du service logistique, transport et gestion des déchets solides. « Un arrêt technique était programmé en 2021 et ils avaient besoin d’aide pour l’organiser », explique-t-elle.
Tout s’étant bien déroulé et la responsable de ce service ayant quitté Ortec, le groupe lui propose de reprendre son poste. Elle se retrouve ainsi à la tête d’une équipe d’une quinzaine de personnes. Une expérience qu’elle dit avoir « adorée » : « L’un des bons côtés d’une société de services est qu’elle adresse une multitude de domaines. Je m’occupais aussi bien de mon équipe que de mes clients, des camions, de mon budget… J’avais en charge ma propre petite entreprise ! » Et, en l’occurrence, être une femme s’est révélé être un plus. « Même si, parfois, au premier abord, j’ai été confrontée à plus de méfiance, le milieu restant très masculin et de surcroît plus âgé donc expérimenté, j’ai opté pour une approche très gadzarique, m’efforçant de comprendre en profondeur le travail de mes collaborateurs et passant un maximum de temps avec eux sur le terrain pour mieux appréhender leurs difficultés et affronter ensemble les coups durs. Avec, en prime, un côté peut-être plus souple que si j’avais été un homme. À l’arrivée, cela s’est super bien passé. »
Forte de cette expérience, elle est mutée en 2022 en tant qu’adjointe chef de projet dans une entité dédiée à la gestion des arrêts techniques partout en France. Si celle-ci est basée au siège, à Aix, elle se retrouve à voyager à travers le pays en fonction des projets, passant six mois dans le Sud, puis un an de nouveau en Normandie, au Havre (Seine-Maritime), en soutien des agences locales. « Le fait de passer du mode contrat à celui de projet était très intéressant et m’a permis de voir quelque chose de différent, souligne-t-elle. J’y ai passé de très bons moments, découvert de nouveaux métiers et vécu des sensations intenses à l’occasion des arrêts que j’affectionne particulièrement. »
AFRICAN QUEEN
En juillet 2024, elle touche enfin son rêve. Une mission vient en effet de s’ouvrir à l’international, au sein de l’agence angolaise d’Ortec où elle est promue Project Manager. Elle commence par la gestion… d’un arrêt, cette fois-ci en mer. « Les exigences sont très élevées, à la hauteur des contraintes », confie-t-elle. Elle garde un souvenir très fort de l’arrêt lui-même, en avril 2025, qu’elle a eu la chance de vivre sur place. « Sur les 600 personnes embarquées sur les deux bateaux, nous étions deux femmes, la seconde étant le médecin du bord ! » Elle avoue, dans un grand sourire, avoir été traitée « comme une princesse » : « On me tenait la porte, mes affaires étaient toujours les premières traitées à la laverie, j’avais une chambre individuelle… » De même, la différence de culture, qu’elle appréhendait un peu avant de partir, n’affecte en rien ses relations avec le personnel local.
Elle travaille actuellement sur un autre arrêt, programmé en juillet 2026. Elle est basée directement à l’usine chez le client, dans le nord du pays, avec un fonctionnement en 4 x 4 : quatre semaines sur site non-stop avec 12 heures de travail par jour, et les quatre suivantes en congé. Elle profite de ce temps libre soit pour voyager – l’un de ses hobbies –, soit pour rentrer en France profiter de sa famille, de ses amis et copains de promo, auxquels elle demeure très attachée. « J’adore mon travail et ce rythme, et j’en profite au maximum », conclut cette jeune femme aussi sympathique qu’épanouie !

Christophe Duprez
 
Estelle Aveza (Ai. 217)
2020
Ingénieure d'exploitation junior chez Ortec à Notre-Dame-de-Gravenchon (76)

2022
Adjointe chef de projet chez Ortec à Aix-en-Provence (13)

Depuis 2024
Project Manager chez Ortec-Friedlander Luanda (Angola)