La revue des ingénieurs et des décideurs industriels

Si le Forum est ouvert à l’ensemble des étudiants des grandes écoles, la moitié des 4 000 ingénieurs en formation présents dans ses allées bondées provenait des huit campus Arts & Métiers. « Les troisièmes années y recherchent le stage de leurs rêves, voire un futur CDI, ou commencent à y bâtir leurs projets de partenariat ou d’expatriation. Quant aux deuxièmes années, majoritairement présents, ils s’y entraînent aux entretiens professionnels et commencent à construire leur réseau », souligne Baptiste Touchon-Perry (Cl.223), responsable communication de cette édition qui œuvre au sein d’une équipe aussi dynamique que dévouée (voir encadré).
En complément, les étudiants ont également pu assister à un programme de conférences qui leur a permis de découvrir des parcours inspirants, des initiatives concrètes, mais surtout de mieux comprendre les enjeux actuels de l’industrie. Il bénéficiait en effet cette année de la participation de personnalités de premier plan, parmi lesquelles Louis Gallois, Jérôme Stubler, président d’Equans, Sébastien Massart, directeur stratégie de Dassault Systèmes, Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, ou encore Christophe Liénard (Ch.183), directeur central de l’innovation de Bouygues. Tous sont intervenus à l’occasion de trois tables rondes autour de la thématique à l’honneur : comment réindustrialiser le pays en tenant compte de l’écologie face à la concurrence sino-américaine. « Nombre de ces intervenants sont en duel constant avec les Chinois et les Américains qui produisent beaucoup moins cher et les obligent à revoir leurs modèles industriels, explique Baptiste Touchon-Perry (Cl.223). Cela impacte non seulement le fonctionnement des usines mais aussi la formation des ingénieurs ». Sans oublier la politique et l’économie : « Au lieu d’investir dans ces nations, les pays de l’Union doivent favoriser le marché européen ».
Un discours relayé par les deux ministres venus à la rencontre des étudiants.
Quelques minutes plus tard, son collègue Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, a enfoncé le clou : « Avec Sébastien Martin, nous partageons la conviction qu’opposer l’industrie à la responsabilité, et l’écologie à l’économie est absurde. En France aujourd’hui, une usine sur deux qui ouvre est une usine verte où les emplois croissent deux fois plus vite ». Ecologie et économie sont liées : « Si l’on pense que la croissance de demain sera carbonée comme dans le passé, on se trompe lourdement. Nos principaux concurrents, les USA et la Chine, ne nous ont pas attendus pour investir massivement dans l’industrie verte. Ne pas aider l’industrie française à faire sa mue et à aller vers plus de durabilité reviendrait à se priver de leviers et de marchés extrêmement importants et ne ferait qu’accroître le différentiel de compétitivité avec ces grandes puissances ». Il a appelé au réalisme et un certain optimisme : « Les discours politiques dans le contexte international actuel ne sont certes pas favorables à la responsabilité et à la durabilité, mais ils ne changent rien à la course contre-la-montre climatique qui est enclenchée. On peut la nier, mais le réel nous rattrape toujours. C’est vous, jeunes ingénieurs, qui façonnerez la planète de demain dans le respect de l’environnement et des ressources disponibles pour une croissance respectueuse de la planète ! »
L’organisation d’un évènement tel que le Forum exige des mois de préparation et l’investissement remarquable de toute une équipe. Tout
Tous deux en troisième année, Paul Watrin (Ch.223) et Luc Dong (Ch.223) sont venus en particulier pour trouver un stage de fin d’études, « à l’étranger si possible » pour le premier qui estime la démarche plus facile lorsqu’on a l’entreprise face à soi, « de préférence en Ile-de-France » pour le second qui vise le luxe et la cosmétique. Paul aimerait ensuite décrocher un emploi dans la R&D dans l’énergie ou l’aéronautique. Quant à Luc, prudent, il attend de voir comment se déroulera le stage pour envisager l’avenir.
Nous nous approchons, sur le stand LVMH, de Florence Prunet, qui travaille aux ressources humaines opérations et finances chez Guerlain, en pleine conversation avec Salma Soulane, fraîchement diplômée de l’Ensam de Casablanca en spécialité génie industriel. « Etant particulièrement attirée par le domaine du luxe et des cosmétiques, je recherche des postes qui me permettront d’évoluer tant au niveau technique que managérial, explique la jeune femme. Florence a pu m’aiguiller. J’ai également pu discuter avec l’un de ses collègues, directeur d’usine, sur les aspects techniques qui s’accordent parfaitement avec ce que je recherche ». Pour Florence Prunet, le Forum est particulièrement important car il lui permet d’échanger directement avec les étudiants et partager avec eux la technicité des métiers qui existent « derrière des produits qui font certes rêver mais qui reposent sur des techniques et des usines ». Pour elle, les Gadzarts peuvent prétendre à une vraie pluralité de métiers, en fonction de leur appétence : « Il y a des postes en usine, sur la production, la fabrication, l’amélioration continue des process, mais aussi d’autres opérationnels rattachés au siège : supply chain, achats… »communauté Arts&Métiers
Société des ingénieurs A&M Arts & Métiers (ENSAM) Fondation Arts et Métiers Rexam Think Tank A&M Union des Élèves